Transcription
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Monseigneur, peu après vous avoir fait un depesche,
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jay receu votre lettre du dernier janvier pour responce
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de la quelle mes precedentes satisferont en partie,
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y adioustant que ie ne scay comme lon parle en voz
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quartiers du fait de La Rochelle, mais en ces [effacé : quartiers],
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on la bien rellement [sic] deguysé quilz en sont rentrés
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en une grande fefiance et nous a cela interrompu
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nos dessaings. Jay bien affères à les rendre capables
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de ce qui en est. Je men vay en une journée qui se
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tient à Bade où je ne faulliray pas den estre
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attaqué de diverses sortes. Cela a esté cause que le
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sieur du Chelar ma mandé quil veoyt bien que ny
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serviroit de rien jusques à ce que ces nuées puissent
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avoir esté esclarcies.
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Je ne puis comprendre loccasion du voyage de
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monsieur de Maugeron. Monsieur de Langes mescrit que il
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sest fait ouyr à Lyon que alloit droict en Languedoc
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devers monseigneur le marechal de Damville.
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Jattens responce de quelques capitaines d’Ury aux quels
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jay baillé charge de sinformer , [, : par le menu] de ce que fust fait
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en votre maison de St Saphorin.
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Quant à ce que lon a volu faire entendre à sa majesté
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que vous avés doné occasion aux bandes suisses
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de se mescontenter, il me semble que les lettres des seigneurs
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de cinq cantons et de Fribourg, ensemble des
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colonels, vous pourront grandement servir pour
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faire apparoir tout le contraire et, en outre, que cest
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du comte de Gayasse quilz se plaignent pour ses mauvais
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deportements. Si vous avés moyen asseuré, vous devés
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[170 v°] soubs correction, envoyer les propres originaux
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et si pouvés asseurer quils sont si peu content
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dudit comte de Gayasse que plusieurs des principaux
33dentre eux se sont fait ouyr que si lon [barré : roy ]
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venoit jamais afère autre levée, on
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adiouxteroit ceste condition quilz ne seroient
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plus conduicts par Italiens.
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Quant à ce que on a volu fère entendre à
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sa magesté que na tenu que à vous que lesdits Suisses
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ne se soyent employer en Daulphiné, vous
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vous en scaurés trop mieux justifier ; mais
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entre autres choses, il me semble que vous pouvés
42[barré : dire ] faire remonstrer à icelle
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comme cestoit en Languedoc à monseigneur le marechal
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que sa magesté les envoyoyt.
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Comme il estoit impossible les employer en
46Daulphiné pour lextrème [barré : famme et necessité ] necessité
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de vivres et de toutes choses que est audit Daulphiné
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sur tout es endroicts où il les eust fallu
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mener.
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Limpossibilité que y eust eu dy conduire des
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vivres quant ores il y en eust heu ailleurs,
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tant pour ce quilz ne sy pourroyent porter que par dos
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de mulets que par ce que par le moyen de plusieurs
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petis chateaux occupés, on les eust peu couper
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[171] quon scait assés comme on ne se peut ayder
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dune trouppe de Suisses quen une pièce et
57sans les separer ; et [barré : de ] si les mectant tout
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ensemble, ils ny pourroyent estre menées
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finalement, que on scait quel moyen il y avoit
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jouyr desdits Suisses nestants pour des poynes
61et plains [barré : tes ] de mescontentement et de querelles
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pour les vexations et mauvais traictements
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quils disoyent avoir receu depuis leur
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depart de La Rochelle ;
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que le païs de Daulphiné se desesperoit
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pour nen pouvoir plus.
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Ces choses representées aux autres dont vous
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vous scaurés mieux adviser, pourront
69[barré : d ] esclarcir sadite magesté de ce que en est,
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et seroit bon que ce seroit monsieur d’Evènes
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mesmes que le remonstra, car il le fera
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avec plus de respect et deficace pour estre
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votre frère et homme de guerre que en peut
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parler en termes et dallieurs vous naurés
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plus le producteur et soustenement dudit comte
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de Gayasse contre lequel vous avés aussi beau
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bourrer si vous volés.
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[171 v°] Jen eusse escrit à messieurs de Morvilliers et
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de Limoges, mais il ma semblé quil vaudra
80mieux que je me reserve [barré : à que ] pour quelque autre
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office ; mais il me semble bien que pour le moins
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vous en devés escrire à mondit seigneur de Morvilliers
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et faire que mondit sieur en parle audit seigneur. Vous
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avés raison, les secretaires sont amys et que font
85grand cas de vous, sur tout messieurs de [barré : Frises ] Sauve
86et de Villeroy [barré : que sont v ] au departement
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des quelz vous estes en labsence lun de lautre.
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Monseigneur, je me recommande très humblement à votre
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bone grace et supplie le Createur quil vous doint
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en toute prosperité et longue vie. De
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Soleurre, le Xe jour de fevrier 1574.
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Monsieur et madamoyselle d’Ourches
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verront icy sil vous plait, mes semblables
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recommandations à leurs bonnes graces.
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Votre très humble et très affectionné
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serviteur Bellievre
